Fidèle à sa tradition de manipulations législatives et médiatiques, la CAQ a adopté les 1er et 2 avril 2026, à l’aube de la longue fin de semaine de Pâques, trois projets de loi qui portent atteinte à nos droits et qui sont dénoncés de toutes parts : les projets de loi 3, 7 et 9. Ce faisant, elle poursuit son œuvre de déstructuration de la société québécoise et de destruction des institutions qui ont rendu possible le Québec tel que nous le connaissons. C’est une véritable guerre à finir que la CAQ mène contre les droits des Québécoises et des Québécois, et l’adoption dans les 48 dernières heures de ces trois projets de loi démontre encore une fois la nécessité pour toute la société civile de se dresser contre ce gouvernement complètement illégitime et discrédité. 

Le projet de loi 3 est une attaque frontale et anticonstitutionnelle au droit d’association des travailleuses et travailleurs du Québec, dans la lignée des précédentes atteintes caquistes au droit du travail, notamment la loi 14. C’est une tentative, tout sauf subtile, de diminuer le pouvoir politique des travailleuses et des travailleurs, ainsi que des organisations dont elles et ils se sont dotés pour les représenter. Le ministre Boulet, ancien avocat patronal, continue son offensive propatronale et bafoue encore une fois les droits de la population du Québec par l’adoption du projet de loi 3. 

Le projet de loi 7 a été adopté alors même que 10 000 personnes étaient rassemblées à Québec avec Le communautaire à bout pour réclamer la reconnaissance, le financement adéquat et le respect que mérite le rôle essentiel des organismes communautaires dans la société. Ce projet de loi met gravement en péril la pérennité des organismes d’action communautaire autonome, en particulier ceux qui œuvrent en défense collective des droits. C’est une autre manière pour la CAQ d’affaiblir les contre-pouvoirs politiques de la population et de concentrer encore davantage le pouvoir entre les mains du gouvernement. Il s’agit d’une autre loi autoritaire, liberticide et antisociale dont se rend responsable le triste gouvernement caquiste. 

Le projet de loi 9 pousse encore plus loin la répression de la liberté de conscience et de la liberté d’expression sous couvert de « laïcisation » de l’État, à la suite de l’adoption du projet de loi 94 au printemps. Tous les prétextes sont bons pour la CAQ quand vient le temps de s’en prendre aux droits des Québécoises et des Québécois, en particulier en situation minoritaire ou précaire. 

François Legault, Jean Boulet, Jean-François Roberge, France-Élaine Duranceau, Chantal Rouleau, Christine Fréchette, Bernard Drainville, Simon Jolin-Barrette, Christopher Skeete, Caroline Proulx : l’histoire retiendra vos noms dans l’infamie, de même que ceux de tous les membres du cabinet caquiste. Honte à vous et à votre gouvernement autoritaire, raciste, paternaliste, misogyne, avide de pouvoir, centralisateur, illégitime, incompétent et antisocial. Nous poursuivrons la lutte pour faire annuler vos lois liberticides tant que ce ne sera pas chose faite. 

Bertrand Guibord, président du CCMM-CSN  

PHOTO: The Canadian Press / Jacques Boissinot