Michel Chartrand nous a quittés le 12 avril 2010. Il a sans aucun doute marqué le conseil central du Montréal métropolitain–CSN, mais aussi plus largement la société québécoise. Sa réputation n’est plus à faire. Ses coups de gueule sont connus et reconnus. Son dévouement pour l’avancement de la classe ouvrière québécoise est légendaire.

Au cours de sa vie, il a exercé plusieurs métiers et milité sur tous les fronts. On le retrouve sur toutes les lignes de piquetage, il se présente comme candidat député, travaille comme typographe, milite à la Fédération du vêtement… et j’en passe ! C’est en 1967 qu’il intègre le Syndicat de la construction de Montréal (SCM) pour être élu, deux ans plus tard, à la présidence du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal. Il y restera jusqu’en 1978 et exercera une influence importante sur les orientations qui nous animent.

Michel Chartrand aura été, toute sa vie, un homme engagé pour la justice sociale. Les tribunes qui lui ont été données ont servi à défendre les travailleuses et travailleurs d’ici et d’ailleurs. Il s’est engagé avec la même fougue pour les droits du peuple palestinien que pour ceux des grévistes de Murdochville ou pour le droit de travailler en santé et en sécurité.

Il y a maintenant un peu plus de 50 ans, Chartrand a suggéré l’organisation d’une Conférence internationale de solidarité ouvrière. Il a eu cette idée après avoir participé à une conférence internationale à Santiago organisée par des syndicats chiliens en 1972. Lors de cette conférence, plusieurs centaines de personnes venant du Québec, du Canada, d’Amérique latine, du monde arabe et d’Afrique se sont rassemblées. Les liens qui unissent le CCMM–CSN à la diaspora chilienne datent de cette époque. C’est aussi durant cette période que le CCMM–CSN s’engage à défendre les droits des Palestiniennes et Palestiniens.

Chartrand croyait à la démocratie syndicale, à la démocratie ouvrière, à la démocratie par et pour le peuple. Il croyait à la possibilité d’un monde meilleur, à la solidarité. Il s’est battu pour la justice, pour la démocratie, pour l’équité. Il s’est battu pour le Québec, il s’est battu pour le Chili, pour la Palestine, pour la Colombie. Il a lutté pour les grévistes, pour les accidentés du travail, pour la classe ouvrière.

Chartrand serait probablement horrifié de voir ce qui se passe au Québec et dans le monde en ce moment. Que ce soit l’effritement de nos droits sociaux et en matière de santé-sécurité du travail, le génocide en Palestine, le retour de la droite au Chili et un peu partout dans le monde, les attaques des gouvernements successifs sur les services publics, sur nos droits syndicaux, il aurait été de tous les combats, de toutes les manifestations, de toutes les protestations…

En ce 12 avril, nous lui rendons hommage, comme à chaque année. Toutefois, cette année est particulière. Nous sommes en train de mener un combat historique contre les lois et projets de loi liberticides de la CAQ et la montée de l’extrême droite ici et ailleurs. Rendre hommage à Chartrand, c’est continuer à lutter pour préserver nos droits et améliorer notre sort.

Vive le CCMM–CSN, vive la classe ouvrière !