- Billet de blogue
On le dit et on le répète : ça ne va pas bien par les temps qui courent. Les crises qui nous affligent sont multiples et imbriquées les unes aux autres, et nous avons à juste titre l’impression que les personnes qui ont été élues pour y répondre ne font pas le travail. Il est facile de se sentir dépassé-e, impuissant-e, isolé-e. Les forces de droite et d’extrême-droite ont le vent dans les voiles. Bref, ça va mal.
Il n’y a pas une infinité de choses à faire dans une situation comme celle dans laquelle nous nous retrouvons. Au risque d’énoncer un cliché, c’est par la solidarité, l’action et la combativité que nous devons répondre aux multiples menaces qui pèsent sur nous. Il faut se mettre en action, ensemble, ce qui aura l’avantage de nous sortir de notre isolement et de la paralysie qu’il entraîne. Cela nous permettra aussi de faire comprendre à celles et ceux qui profitent de nos malheurs actuels qu’ils n’auront pas notre peau si facilement.
C’est pour cette raison que les actions et manifestations organisées dans le cadre de la Journée internationale des travailleuses et travailleurs sont aussi importantes cette année. Plus que jamais, nous avons besoin de nous serrer les coudes et de crier haut et fort notre indignation. Inflation, environnement, atteintes à nos droits sociaux, politiques et syndicaux, crise du logement, montée de la violence, de l’intolérance et de la discrimination, en particulier envers les groupes minorisés et les personnes migrantes, etc. : les raisons de manifester sont nombreuses et urgentes. Face à la volonté des gouvernements provincial et fédéral d’affaiblir le poids politique de la société civile, nous devons réagir sans équivoque pour protéger nos droits et prendre le contrôle de nos institutions et de notre vie individuelle comme collective. Ça ne sera fera pas tout seul, ni à cause de la grandeur d’âme des élites qui nous gouvernent. Ce pouvoir démocratique, nous devons aller le chercher et ne pas attendre que les riches et puissants nous l’offrent, ce qui n’arrivera jamais.
Ce qui pourrait nous aider à lutter contre l’ensemble des crises qui nous affectent, c’est que leur origine est la même : le système capitaliste, qui génère et nourrit les inégalités sociales, l’exclusion, la destruction de l’environnement, l’exploitation des personnes, la domination économique, politique et sociale de la majorité par une minorité de possédant-e-s. Toutes nos luttes se rejoignent et n’en forment finalement qu’une seule. Ça ne rend pas la résistance facile, mais ça précise l’objectif qui doit être le nôtre : sortir d’un système économique qui, maintenant plus que jamais, mine notre existence et celle de milliards de personnes sur la planète. La dépossession a assez duré.
Il faut donc continuer à être mobilisé-e-s et en action, même si nous sommes fatigué-e-s, même si le but semble lointain, même si les perspectives de victoire à court terme ne sont pas évidentes. C’est précisément ce que nous vous proposons de faire les 1er et 2 mai !
Des actions dérangeantes seront organisées le 1er mai, et deux manifestations auront lieu, le 1er à 18 h au Square Victoria et le 2 mai à 13 h, au monument Georges-Étienne-Cartier. Soyez-y et parlez-en autour de vous ! Ce n’est qu’en étant ensemble et en action que nous pourrons résister aux forces qui veulent s’en prendre à nos droits.
Droits piétinés, il faut résister !
Bertrand Guibord, président, CCMM-CSN