Une plateforme commune pour converger!
27/04/2026
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La Campagne québécoise pour la régularisation et la justice migrante (CQRJM) regroupe quarante-sept (47) membres, parmi lesquels on compte plusieurs organisations de services ou d’auto-organisation des personnes migrantes, comme le Centre des travailleurs et travailleuses migrants (IWC-CTI), ainsi que leurs allié-es : la Ligue des droits et libertés (LDL), la Fédération des femmes du Québec (FFQ), le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU); plusieurs organismes communautaires dans le Bas Saint-Laurent, l’Estrie, Chaudières Appalaches, etc.; des organisations syndicales, notamment la CSN, CSQ, CSD, FTQ, APTS, FIQ, avec des structures régionales, tel que le Conseil central du Montréal métropolitain–CSN (CCMM–CSN).

Née lors de la pandémie de la volonté d’obtenir la régularisation de toutes les personnes sans statut, le plus souvent parce qu’elles l’avaient perdu en raison des politiques injustes d’immigration, la coalition n’a cessé depuis de s’élargir, en intégrant les revendications nécessaires à défendre immédiatement pour assurer une vie et des conditions de travail dignes et décentes à chaque travailleuse et travailleur étranger temporaire et aux personnes demandeuses d’asile. Car celles-ci, comme les personnes ayant perdu leur statut, sont particulièrement exposées aux abus. La coalition réclame donc aussi l’abolition du « permis fermé », ce permis qui attache littéralement les travailleuses et travailleurs étrangers temporaires à un unique employeur, ouvrant la voie à ce que celui-ci exerce chantage et abus. Elle réclame également que toutes les personnes migrantes, avec ou sans statut, aient de réelles voies d’accès, non discriminatoires, à la résidence permanente.

Lors de sa troisième (3e) rencontre stratégique, le 25 février dernier, la CQRJM a été très attentive aux volontés de mobilisations et de convergence qui s’expriment au Québec face aux attaques tous azimuts contre les droits syndicaux et communautaires. Ces attaques amplifient les multiples remises en causes des droits de personnes en situation vulnérable, telles les personnes chômeuses, les personnes migrantes qui sont devenues les boucs-émissaires de tous les problèmes sociaux – comme le montrent les discours haineux tenus à leur encontre –, les personnes sur l’aide sociale, les personnes handicapées ou celles non syndiquées qui peinent à faire respecter elles aussi le droit du travail.

Dans la perspective d’une mobilisation pour la grève sociale, ou de toute initiative rassembleuse, la CQRJM trouve important que la défense des droits des personnes migrantes soit intégrée à ces mobilisations syndicales et communautaires. Mais, consciente des risques de mise en concurrence d’une catégorie de populations précaires et vulnérables face à une autre catégorie, la CQRJM s’est prononcée pour défendre une plateforme commune intégrant la défense des différents droits, pour faire ainsi la démonstration de l’interdépendance des droits.

À l’heure où même l’État de droit est remis en cause par le gouvernement caquiste, éclairant ainsi comment les attaques contre telle ou telle catégorie de populations servaient de test à la volonté de criminaliser toute contestation à sa politique (cf. le fait de vouloir réduire l’expression syndicale et communautaire en rendant facultatives les cotisations syndicales ou en menaçant de supprimer les subventions), on peut dire que la CQRJM fait sienne ce mot d’ordre : une attaque à un droit est une attaque à toute l’armature des droits ; et une attaque aux droits d’un groupe, aussi minoritaire ou minoré soit-il, est une attaque contre tous et toutes !

Carole Yerochewski et Cheolki Yoon, co-coordinatrice et co-coordinateur de la Campagne québécoise pour la régularisation et la justice migrante