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Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement caquiste passe de crise en crise, de scandale en scandale, de projets de lois ahurissants en projets de loi indécents qui suscitent l’opposition unanime des partis d’opposition, des syndicats et des groupes de la société civile. Chaque nouvelle crise semble gérée à la petite semaine, au gré des caprices des amis du parti. Ces projets de loi ont surtout pour objectif de mettre en place des structures favorisant les riches et puissants du Québec au détriment de la majorité de la population. Les différentes coupes dans nos réseaux publics accroissent les inégalités et un nombre grandissant d’individus peine à recevoir des services alors que les besoins se multiplient. Le seul rempart contre ces attaques est la force du nombre et la mobilisation.
Prenons l’exemple de l’éducation
Dès l’automne 2024, des classes de francisation sont fermées, il y a gel d’embauche au collégial et au scolaire, on plafonne les heures travaillées. Grâce à nos mobilisations, une partie de ces mesures ont été levées. Pourtant, le gouvernement parle de l’importance des services directs à l’élève. En oubliant que, pour qu’un établissement fonctionne pour le bien des élèves, ça prend du monde, allant du personnel enseignant au personnel de soutien.
À l’hiver 2025, la CAQ fait des coupes historiques dans notre réseau collégial de 151 millions et de 570 millions dans le réseau scolaire. Ces coupes ont des effets directs sur les élèves et les étudiantes et étudiants, alors que, déjà, certains cégeps tombent en ruine, et que la précarité étudiante s’accentue avec la fin de certaines bourses. Encore une fois, grâce aux mobilisations, le ministre réinjecte une partie de l’argent coupé pour faire bonne figure, mais impose des conditions si restrictives qu’il est vraiment difficile, pour ne pas dire carrément impossible, de les obtenir pour un centre de service scolaire. Pendant ce temps, les enfants des riches reçoivent la meilleure des éducations dans des établissements privés que peu d’entre nous peuvent se payer.
Les attaques envers les travailleuses et travailleurs se poursuivent.
Le projet de loi 1 est un exemple très important des pratiques anti-démocratiques de la CAQ et de sa volonté de diminuer le pouvoir populaire. Le processus afin de mettre en place une nouvelle loi constitutionnelle pour le Québec a été fait sans aucune consultation publique. Partout dans le monde, quand un pays veut se doter d’une constitution, on met en place une assemblée constituante qui va en débattre. Ici, le ministre Jolin-Barette s’est déclaré « souverain » dans les décisions concernant ce projet de loi. Il va jusqu’à prévoir que toute organisation qui reçoit de l’argent du gouvernement ne pourra pas intenter de poursuite contre le gouvernement afin de contester ses décisions. Clairement une stratégie pour empêcher toute forme de contestation.
D’ailleurs, la CAQ a clairement comme objectif de diminuer toute forme de contre-pouvoir. Le projet de loi 3 est une attaque directe envers notre droit d’association. Nous en avons déjà parlé. La CAQ est au service du patronat, en témoigne le gaspillage de plusieurs millions (Airbus, Northvolt, SAACliq) qui auraient pu être utilisés pour rénover des infrastructures publiques vétustes, comme le Cégep St-Laurent ou l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.
Trouver d’autres coupables
Pour ajouter l’insulte à l’injure, la CAQ s’invente des ennemis : il faut trouver quelqu’un à blâmer, question d’oublier que ce sont les gouvernements successifs du Québec qui ont fait le choix de l’austérité depuis des décennies. On blâme les personnes immigrantes pour la crise du logement. On met en place des lois sur la laïcité qui, fondamentalement, sont racistes, islamophobes et sexistes. On met fin au programme d’expérience québécoise (le PEQ). On fait la promotion de lois transphobes… toujours sous prétexte de protéger les enfants, la population et tant d’autres arguments fallacieux.
Si la CAQ était réellement préoccupée de l’avenir des enfants et de la population, on investirait dans les écoles et le filet social plutôt que de subventionner des multinationales privées. Les coupes mises en place ont des impacts sur la population que nous avons parfois peine à imaginer avant de les subir directement. Pensons, par exemple, à la privatisation du transport adapté ou à la décision méprisante de cesser de financer l’installation d’ascenseurs dans les métros. Les impacts à long terme de la loi 14 (PL89) sont encore difficiles à déterminer, mais, si notre rapport de force est limité au gré des fantaisies du patronat, tout porte à croire que nos conditions de travail en souffriront. Nous perdons des gains historiques que nous mettrons des années à récupérer.
Nous sommes à une étape cruciale, à quelques mois de la prochaine élection. L’AG du CCMM–CSN a clairement indiqué sa volonté de passer à l’offensive dans les semaines et mois qui viennent. Joignez-vous à nous pour Faire front contre un gouvernement autoritaire qui s’en prend à nos droits sociaux et politiques !
Chantal Ide, Secrétaire générale, CCMM–CSN