Journée de la robe rouge 
04/05/2026
  • Autochtones

Le 5 mai, nous soulignons la Journée nationale de sensibilisation aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées. C’est un moment important pour rendre hommage aux trop nombreuses femmes, filles et personnes 2SLGBTQQIA+ autochtones disparues et assassinées. Près d’une femme sur 4 assassinée au Canada est une femme autochtone alors qu’elles ne représentent que 5 % des femmes au pays.  

La robe rouge est apparue comme symbole en 2010, alors que Jaime Black, artiste de la nation Red River Métis, crée une installation avec des robes rouges accrochées dans divers lieux publics. Le symbole est très fort : les robes vides évoquent les trop nombreuses disparues. Faire ces installations dans des lieux publics et achalandés est aussi un message puissant. Ces installations permettent de lutter contre l’invisibilisation des femmes autochtones et de la place qu’elles occupent dans leurs communautés. 

Malgré les différents appels à l’action et à la reconnaissance, le gouvernement du Québec s’obstine à ne pas reconnaître l’existence du racisme systémique dans la province et refuse toujours d’adopter le principe de Joyce. Cette position démontre une ignorance crasse face aux réalités des 11 nations autochtones présentes au Québec : bien que la loi sur les Indiens soit une loi fédérale, l’état québécois profite, des mesures colonialistes qui y sont enchâssées. L’exemple le plus flagrant est probablement l’exploitation des ressources naturelles : les priorités des entreprises (foresterie, mines, etc.) passent toujours avant celles des peuples autochtones et de leurs droits ancestraux sur les territoires. 

Il ne faut pas minimiser les violences institutionnelles que subissent les autochtones, en particulier les femmes et personnes bispirituelles. Que ce soit dans le système de santé ou dans le système judiciaire, les personnes autochtones subissent des préjugés qui, trop souvent, rendent l’accès aux soins et à la justice difficile quand ce n’est pas carrément impossible. 

Le projet de loi 1 du ministre Simon Jolin-Barette est un exemple concret d’attaques directes aux droits des peuples autochtones du Québec. D’ailleurs, Femmes autochtones du Québec (FAQ) a déposé un mémoire sans équivoque : exclure les femmes autochtones du processus contrevient aux recommandations de l’enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) et de la Commission vérité et réconciliation du Canada (CVR). Toujours selon FAQ, le projet de loi 1 fragilise la transmission culturelle et amplifie les risques de rupture identitaire. De plus, il a été démontré par l’ENFFADA que l’aliénation des territoires ancestraux sont des facteurs amplifiant la violence, la discrimination, l’isolement et la rupture identitaire. Ainsi, ne pas inclure les nations autochtones du Québec dans le processus est une violence coloniale de plus que ce gouvernement impose aux Premiers Peuples. 

En cette Journée, ayons une pensée pour Joyce Echaquan, pour Glady Tolley, pour Marie-Kate Ottawa, pour Mary Tukalak Iqiquq, pour Carleen McDonald, pour toutes celles dont le nom ne s’est pas rendu jusqu’à nous et qui ont pourtant laissé un vide dans la vie de celles et ceux qui les aiment. 

Nous avons la possibilité de nous engager pour que les choses changent réellement pour tant de femmes, de filles et de personnes bispirituelles autochtones. Les luttes que nous menons sont des luttes pour la justice, pour les droits de toutes et tous. N’oublions pas de laisser la place qui leur revient de plein droit aux membres des 11 nations autochtones du territoire que nous occupons. 

Chantal Ide, secrétaire générale du CCMM-CSN, responsable politique du dossier autochtone