Augmentons la pression pour défendre nos droits
26/01/2026
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L’année 2026 est à peine commencée qu’elle nous apparaît déjà surchargée. L’actualité provinciale, nationale et internationale évolue à une vitesse fulgurante, ce qui la rend parfois difficile à suivre et nous laisse peu de temps pour l’analyser et la comprendre.

Prenons l’exemple de la démission de François Legault. Si, à première vue, celle-ci ne peut être qu’une bonne nouvelle, il n’en reste pas moins qu’il faut prendre le temps de réfléchir à ce qu’elle signifie réellement. D’abord, il faut considérer que le premier ministre, bien qu’il ait annoncé son départ, reste en place jusqu’à la nomination de la personne qui lui succèdera, ce qui pourrait prendre un certain temps. Jusque-là, dans la réalité, absolument rien n’a changé. Les projets de lois liberticides, antisociaux et antisyndicaux de la CAQ (PL 1, PL 3, PL 5, PL 7, PL 13, etc.) demeurent à l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée nationale et constituent toujours des attaques brutales contre nos droits. Il serait dangereux de nous réjouir trop vite et de penser que nous sommes sauvés des reculs historiques que veut nous imposer la CAQ par la démission du premier ministre – ou d’imaginer que le prochain gouvernement fera mieux.

Au fédéral, plusieurs se sont réjouis du discours de Mark Carney au Forum économique mondial de Davos. On en a vanté le caractère courageux, visionnaire. Mais qu’en est-il vraiment ? Qu’a fait d’autre le premier ministre du Canada que de chercher une manière de rescaper le système capitaliste ? Et comment propose-t-il de le faire ? Par l’expansion de l’extractivisme, des énergies fossiles et de l’industrie militaire. N’oublions pas que l’actuel gouvernement du Canada attaque lui aussi les droits de la population, notamment par les projets de loi C-2, C-9 et C-12, qui accorderont des pouvoirs de surveillance accrus au gouvernement canadien et porteront atteinte au droit de manifester et aux libertés civiles.

À l’international, l’ombre de la guerre se profile de plus en plus clairement à l’horizon, principalement en raison des « politiques » délirantes du président américain, qui bouleversent en profondeur l’équilibre mondial. Partout sur la planète, y compris au Québec et au Canada, les pays se préparent à un conflit militaire. Historiquement, il n’y a jamais eu rien de mieux pour relancer l’économie ! Il y a assurément des liens à établir entre cette perspective de guerre et les attaques portées contre nos droits syndicaux, environnementaux et politiques. En temps de guerre, pas le temps de se préoccuper des libertés civiles : il faut agir rapidement, idéalement sans opposition. Pas le temps non plus de se préoccuper d’environnement lorsqu’il faut produire de l’armement et ravitailler les troupes. Les projets de lois fédéraux et provinciaux dont il est question plus haut vont tout à fait dans ce sens.

Que faut-il retenir de tout ça ? D’abord, que ce ne sont pas les discours des politiciens qui importent, mais leurs actions. Que la classe politique en général (hormis quelques exceptions, il faut bien l’admettre) n’est pas là pour protéger les intérêts de la population, mais les siens et ceux de ses alliés riches et puissants. Que ce n’est pas en remettant notre sort entre les mains des politiciens de carrière ou des technocrates que nous nous libérerons collectivement.

Le 30 janvier, l’assemblée générale du CCMM–CSN se penchera sur un plan d’action vers la grève sociale afin que nous nous organisions pour riposter à l’offensive de droite et d’extrême droite, dont les travailleuses et travailleurs font actuellement les frais. Tous les syndicats affiliés au conseil central sont chaleureusement invités à y être. Avec nos allié-es des groupes communautaires et citoyens, il faut nous organiser pour faire en sorte que la population prenne son destin entre ses propres mains, ce qui est la seule manière de mettre fin à la souffrance et au chaos ambiant.

Pour reprendre les mots d’un militant allié du conseil central depuis des décennies : à des attaques d’une envergure historique, nous devons répondre par une mobilisation d’envergure historique.

C’est là où nous en sommes, camarades, et nous avons le devoir de nous montrer à la hauteur de la situation.

Solidarité !

Bertrand Guibord, président du CCMM-CSN