- Billet de blogue
- Immigration et relations interculturelles
La fermeture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) à la fin de 2025 a provoqué une onde de choc au Québec, particulièrement au sein des communautés immigrantes, des organisations de défense des droits, des syndicats et des acteurs économiques régionaux.
Cette décision du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a rapidement suscité une mobilisation large et soutenue de la société civile, qui a mis une pression constante sur le pouvoir politique pour exiger un revirement.
Des groupes communautaires, des organismes en immigration, des associations étudiantes, ainsi que plusieurs centrales syndicales ont dénoncé une décision jugée injuste et brutale, soulignant que les règles avaient été changées en cours de parcours pour des milliers de personnes déjà établies au Québec. Ces organisations ont rappelé que les personnes touchées parlaient français, travaillaient, étudiaient et contribuaient activement à la vie économique et sociale du Québec.
Cette contestation sociale s’est traduite par des sorties médiatiques répétées, des manifestations, des lettres ouvertes, des interventions publiques et une couverture appuyée dans les médias, alimentant un malaise politique grandissant pour la CAQ. Pendant la course à la chefferie du parti, la pression était telle que Christine Fréchette s’est engagée publiquement à réactiver le PEQ pour une période de deux ans, signe clair que la question était devenue politiquement incontournable.
La nomination d’un nouveau ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration s’inscrit dans le contexte de changement de gardes et à l’approche des élections. Dès son entrée en fonction, il a reconnu que des personnes avaient été « oubliées » par la fermeture du programme et a affirmé vouloir agir rapidement afin de rouvrir le PEQ.
Ce retour en arrière n’est pas un geste de bonne volonté : c’est le résultat d’un rapport de force clair. La mobilisation des organisations de la société civile et des syndicats a démontré que, lorsqu’elle est collective, déterminée et persistante, elle peut forcer un gouvernement majoritaire à corriger une décision profondément contestée.
Cette réouverture ne réparera pas la souffrance vécue par celles et ceux qui ont dû quitter, parfois en laissant derrière eux un emploi, un projet de vie, une communauté.
La lutte pour le PEQ prouve une chose essentielle : sans mobilisation, il n’y a pas de justice. Quand on s’organise collectivement, on peut changer les choses! Cette victoire, nous l’avons arrachée!
Solidarité,
Ramatoulaye Diallo, Trésorière, CCMM-CSN