Des victoires à célébrer !
16/06/2026
  • Billet de blogue

Par Betrand Guibord, président CCMM–CSN

Les derniers mois ont été marqués par une offensive sans précédent de la CAQ contre les droits de la population, à laquelle nous avons répondu par la campagne Faire front et par une mobilisation soutenue aux côtés de nos allié-es. Cette mobilisation a produit des effets importants qu’il faut célébrer !

Des projets de loi à relayer aux poubelles de l’histoire

Première bonne nouvelle des dernières semaines, la mort au feuilleton du projet de loi 20 il y a quelques semaines, au bénéfice des coops d’habitation, qui conservaient ainsi leur autonomie dans le choix de leurs membres.

D’autres projets de loi l’ont suivi dans les poubelles de l’histoire, et non des moindres, notamment le projet de loi 1, la « loi constitutionnelle » que nous avons décriée sur toutes les tribunes depuis plusieurs mois. Nous avons été profondément rassurés et satisfaits par son abandon, que nous réclamions aux côtés de plus de 800 organisations québécoises. Nous avons évité le pire, grâce à une mobilisation soutenue et déterminée. Un grand merci à la Ligue des droits et libertés d’avoir non seulement sonné l’alarme, mais d’avoir réuni les groupes afin de lutter contre ce projet de loi ignoble, qui n’avait pour but que d’affaiblir le pouvoir démocratique de la société civile.

On a moins entendu parler du projet de loi 5, mais nous pouvons aussi pousser un profond soupir de soulagement à la suite de son abandon. Celui-ci était le pendant québécois de la loi C-5 au fédéral, qui avait pour objectif d’accélérer les processus d’approbation des « projets d’envergure nationale », autrement dit de les soustraire aux mécanismes habituels de vérification. Ceci aurait ouvert grand la porte à la destruction de l’environnement, à la collusion et la corruption. On l’a échappé belle !

Autre recul de la CAQ au bénéfice des droits humains : la réouverture du Programme de l’expérience québécoise, dont la fermeture annoncée en début d’année, avait fait scandale, à juste titre. Nous avons milité aux côtés des groupes de défense des droits des personnes migrantes pour dénoncer cette décision inique et inhumaine. Même si le gouvernement a mis beaucoup de temps pour passer de la parole aux actes, ce qui n’est pas sans conséquence, la réouverture du PEQ est maintenant assurée pour 2 ans, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Il faudra cependant rester vigilants pour s’assurer que les droits de l’ensemble des personnes migrantes soient respectés dans les procédures à venir, ce qui ne va pas de soi.

C’est la pression populaire qui les a fait céder

La raison de ces reculs législatifs est simple : la mobilisation solidaire et combative des groupes et des militantes et militants, notamment de nos syndicats affiliés et de leurs membres. Le gouvernement ne l’admettra jamais, mais c’est la pression populaire qui a fait en sorte que ce soient ces projets de loi, et non d’autres, qui sont passés à la trappe. Nous pouvons être fiers du travail accompli avec nos allié-es ! Cela démontre que nos efforts de mobilisation peuvent avoir et ont régulièrement des effets réels, ce qu’il ne faut jamais oublier.

Comme le veut l’adage, une horloge brisée donne l’heure juste deux fois par jour. Il faut ainsi souligner l’adoption du projet de loi 4, dit « Gabie Renaud », qui permettra aux personnes qui ont des doutes par rapport au passé de leur partenaire d’avoir accès à ses antécédents judiciaires de violence conjugale. À notre époque où la violence et les féminicides sont en forte hausse, il faut nous réjouir de l’adoption de ce projet de loi qui protégera autant les hommes que les femmes qui entretiennent des craintes face à une ou un partenaire violent.

Malgré ces victoires, ce n’est pas le moment de baisser la garde

Cette fin de session parlementaire marque la fin de l’un des pires gouvernements de l’histoire du Québec. Il faut s’en réjouir, mais aussi nous rappeler que l’avenir demeure profondément incertain, quatre des partis en lice aux prochaines élections proposant des programmes très similaires, certainement pas à l’avantage des travailleuses et travailleurs. Nous devrons continuer à augmenter la pression pour que le prochain gouvernement du Québec abroge les projets de loi liberticides adoptés par la CAQ au cours des deux derniers mandats et pour qu’il adopte des mesures allant dans le sens des intérêts de l’ensemble de la population : protection de l’environnement, protection des droits des travailleuses et travailleurs, réinvestissement massif dans le filet social, lutte à l’inflation, construction de logements sociaux et lutte contre toutes les formes de discrimination.

Ce n’est pas le moment de baisser la garde ! Au contraire, il faut profiter de l’été pour rallier toujours plus de personnes à nos revendications, notamment celles portées dans le cadre de la campagne Faire front. Prochain grand rendez-vous : le 7 septembre au parc Lalancette pour la Foire populaire de la rentrée.

Solidarité !